Quelques vers à songe ou l'heure equilibre

Le vert écrin des songes

Dans les vertes frondaisons bercées par le vent,
Je laisse quelques vers fruits de mes songes.
Que le firmament azur vienne et les ronge
Afin qu'un jour, ils échappent au néant.

Matins oniriques

le 19/08/2007 à 15h22





Que nos paupières se closent,

Sans crainte ni remords,

Sur des présents à venir

Soigneusement enveloppés

De jolis papiers de rêves.

Pour protéger ces précieux mystères :

Quelques rubans d’or,

Empruntés à des chevelures féeriques.

Qu’ils s’ouvrent, à l’heure encore frileuse,

Sur des jours nouveaux,

Comme tant et tant

D’étrennes merveilleuses

En apparats assortis

A nos plus chers espoirs !



Arwen Gernak
© Le vert écrin des songes ©
19 août 2007

22OO P.C.N

le 20/06/2007 à 09h24
 

 

Le ciel n’a plus de larmes, la terre se dessèche.

Les hommes partent, les enfants meurent,

Les femmes boivent leurs sanglots.

L’or cuisant nourri par nos folies

Ronge le blé des champs.

L’aride craquellement avale

L’humus riche pour les épis de blé.

Et vous que nos semences ont engendrés

Vous ressemblez aux grands caravaniers.

Vous marchez pour de l’eau

Qui ne jaillit plus nulle part.

Nul ne se souvient

Qu’il y eut des monts au chef blanc,

Les pieds engloutis dans un miroir bleu.

Nul ne voit plus la fleur du lilas

Parfumer ce que nous appelions le printemps.

Et la rose de mai, délicate et odorante,

est sauvage églantine.

Plus que chardons et sur vos têtes des épines.

Le ciel sec plombe un nouveau désert.

 

Arwen Gernak

Le vert écrin des songes

20 juin 2007

Quand

le 18/06/2007 à 22h11





Quand ta bouche à mes lèvres désaltérée
Se retire comme le font les marées ;
Quand ton mât à l’horizon de mes rives
S’avance droit pour arrêter ses dérives,



Déjà je t’appartiens



Quand tes mains baroudeuses se figent 
Gonflant le cœur des fleurs en bouton qui s’érige;
Quand ton souffle brûlant sur elles se suspend 
Pour enflammer ces corolles d’un feu ardent, 


Déjà je t’appartiens



Quand ta peau à la mienne vient s'enlacer
Et que mon corps  perdu, au tien va se mêler;
Quand tes mots sont murmures, quand ta voix inaudible
Parvient pourtant encore à hurler l’indicible,



Déjà je t’appartiens



Quand mon âme consent à livrer ses secrets
Et délie tous les nœuds qui les retenaient;

Quand mon cœur fou d’amour envoûte le tien, 
Quand le corps se donne pour ne plus former qu’un ;



Toi aussi, tu m’appartiens.







Arwen
Le vert écrin des songes
Juin deux mille sept

Architecture

le 11/06/2007 à 08h21
Le soleil fanfaron force la brume
Et le jour viole mes paupières.
Le lit vide a gardé nos empreintes,
Silhouettes imprimées dans les draps.
Hier n’est déjà plus
Tandis qu'aujourd’hui n’est point encore.
Construisons, construisons-le mon amour !
Architecture complexe que celle d’une union :
Vivre à deux a plus d’angles
Qu’une chambre à coucher !
Des murs s’élèvent, des murs de silences,
Des murs de pudeur et d’autres de fierté.
Tenons secrètes, tout au long du jour,
Les aventures diurnes
Et à la nuit naissante,
Parlons, parlons mon amour.
Abattons toutes ces cloisons,
Livrons les cœurs et les corps
Lions les mains et les cheveux,
Que sagement nous désunirons
A l’aube revenue.
 


Arwen Gernak
Le vert écrin des songes
11-06-07




Dans le matin, tu brilles, petite étoile...

 

Venez, gentils, vous insinuer dans la truculence

Des nuits trop longues et fausses de lourd silence.

Ne les voyez-vous pas ? Juste là, les âmes dansent.

Des squelettes, ces pleutres, rampent sur leur panse.


Ils n’ont point encore acquis la forte assurance

Pour, de ce ballet, suivre l’habile cadence !

C’est la fête au royaume de la purulence :

Partout, plane cette odeur âcre de chair rance,

De putride jardin que la mort ensemence.

Pourtant, de ce macabre lot de transhumance,

Ecoutons, nous qui vivons, la sourde romance

Jaillir au-delà des croix, curieuses potences.

Entendez comme est opiniâtre sa naissance,

Un petit air qui prend de la puissance,

Un chant porteur infatigable d’espérance

Au milieu d’un monde insensible à ses instances.

Et te voici, toi petite fille, pleine d’insouciance,

Avec ton visage toujours empreint d’enfance,

Te voici, douce et les yeux couleur d’innocence.

Pour toi, pour empêcher qu’encore tu t’avances,

Je donnerais ma vie avec toutes les chances

Qu’elle m’offrit en guise de remontrances.

Tu n’as pas l’âge de sermonner tes souffrances !

Qui de vous, qui de nous, s’arrête sur tes silences ?

Ta voix semblable au rossignol pourtant s’élance

Par delà les doutes, jusqu’à la clairvoyance

Qui nous fait défaut, nous qui méritons quittance

Pour nos vies menées souvent avec outrance.

Tel un lys blanc dressé dans un charnier immense,

Comme le Fils du Père accepta la sentence,

Tu brilles, petite étoile, plus fortes que la pestilence.

Que ton nom soit une leçon de vaillance

Pour nous les sots qui galvaudons sans décence

Ton présent, oublieux de toute bienveillance.

Pardonne-moi, si tu peux, ces quelques stances

Ineptes à effacer l’injuste sentence.


 

Arwen Gernak

Le vert écrin des songes

06-03-07

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