Quelques vers à songe ou l'heure equilibre

purple rose

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le 18/09/2006 à 13h35
Il y a bien longtemps.....


Fille du soir, enfant ou femme
Je suinte mes joies et mes peines
J'écume mes bonheurs et mes drames
Dans les encres âpres d'une penne.
Si, passants, vous me lisez
Ne pleurez pas mais riez
Car mes larmes sont enlisées
Dans une étoile colorée
De souvenirs. Je poursuis ma course
En solitaire ou avec le hasard
Où bien souvent je débourse
Mes allures si bizarres.

Arwen Gernak
Purple rose
2005


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Mors tua, vita mea

le 21/05/2006 à 16h45



Mors tua, vita mea




Endolorie jusqu’au moindre recoin de mon âme
Je reviens à la vie, les poumons se remplissent.
Le miroir comme une onde qui lentement se plisse,
Reflète timidement mais nette l’image d’une femme.

Ce n’est plus une ébauche mais des traits précis
Adieu l’esquisse, la souffrance produit une certitude
Un être plus fort après chaque nouvelle inquiétude
Se redresse et regarde l’horizon après la triste pluie.

« Mors tua, vita mea », la roue se remet à tourner
Engrainage enrichi, rouage grinçant d’une leçon
Une lutte de toujours, une éternelle chanson
Pour des parcours uniques, des vies à bien mener.

Si pendant un court instant le bas vient à blesser
La volonté de grandir se manifeste dans sa force
A pouvoir malgré toutes les terribles entorses
A viser l’essentiel, à combattre pour progresser.

Je te laisse, dans la douceur de la nuit, te reposer.
Je ne pars pas, je t’emporte dans ma folle démesure
Et je te ressuscite à chaque mort qui vient et que j’endure.
Mais je contemple dans le miroir le présent se composer.



Arwen Gernak
15-05-05
T.D. 2005 SOGEN

Papy t’aimait tant.

le 21/05/2006 à 16h31




Papy t’aimait tant.



Surtout ne crois pas que j’oublie
Chaque caresse, chaque mot en moi crie
Et ce souffle à l’oreille encore halète
Vade rétro satanas, hors de ma tête.

Je vois tes mains faussement douces
Se promener insolemment et du pouce
Forcer les chemins interdits
Je ne t’avais jamais, non jamais, dit oui.

Et sautent les boutons de la robe d’été
Plus de défenses, nue dans l’herbe du verger.
Fermés les yeux, pour ne plus subir ton regard
Sans forces mon corps, proie pour charognard.

Surtout ne crois pas que j’oublie
Ta marque, tes coups de rein, ta folie.
Et tes excuses tardives, dans ma tête résonnent :
Sorry papy, si tes « je t’aime » jamais je ne pardonne.

Petite fille est morte un jour de juillet.
L’oiseau s’est réfugié au nid douillet.
Mais il ne trouve plus le sommeil d’enfant
Dont il rêve chaque nuit désespérément.



Arwen Gernak
11-05-05
T.D. 2005 SOGEN

Jour de noce

le 21/05/2006 à 02h35
Jour de noce


En haut de la falaise, vous pouvez encore la voir :
Elle tremble et sanglote dans sa robe de mariée.
Le visage immobile, elle fixe l’abîme à ses pieds ;
La pierre grise et froide qui meut sous son poids.

Sa chevelure rousse comme la terre à peine brûlée
Flotte, dernier fanion de cette juvénile beauté.
Ses lèvres, dans un doux murmure, frissonnent
Et une lancinante complainte d’antan fredonnent.

Tous ses rêves s’en viennent trop tôt ici mourir.
Pouvait-elle imaginer qu’en ce funeste jour
Son cœur de pucelle, offrande précieuse à chérir
Deviendrait sujet de dédain pour toute la cour.

Elle se penche, par cette coupe béante, attirée
Par cette écume mourant de rage sur la paroi.
Dans un ultime sursaut, ramasse un galet,
Et se jette, emportant avec elle tout son effroi.


(Arwen Gernak)
Nul écrit vain
06-01-05

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