Un poète, quelque part,
Une toile pour écritoire,
Jette ses désirs au monde.
Partir, dit-il:
Partons donc, loin d'ici
Tout près d'ailleurs
Dans des galaxies imaginaires
Où Diogène aurait trouvé son Homme.
Partir, dit le poète.
Je le suis, sur des routes inconnues
L'âme émue
Les yeux curieux
Les lèvres closes,
Presque marchant sur les genoux.
Partir, dit-il :
Je pars, sans bagages,
Tous mes avoirs
Reposent en mon cœur,
Un cœur trop fou
Qui aime les voyages.
La mer se prosterne
Au pied des monts
La vague rejetée
Forme une eau bénite
Mon corps s'en fait le bénitier.
Le ciel teint la terre
De couleurs nouvelles,
De couleurs irréelles,
Peignant inlassablement,
Les égarés de là.
De régaler l'ailleurs,
L'espace pour voler
L'instant d'un souhait,
Le souhait d'un poète
Qui voulait partir.
Toucher le soleil
Même si la cire
Avant même de l'approcher
Lentement fondra.
Ailleurs, on ne tombe pas,
Ni la raison
Ni les sciences
n'y ont bati leur maison.
Cet homme, ce poète,
Ce rêveur lucide,
Enjamba-t-il la frontière?
Grâce à lui,
L'infirme que je suis,
A largué les amarres
muni de cartes
Où le vent fait la chanson
Et l'air les couplets.
Point de noeuds,
Ni de sextant,
Rien que le vent,
Rien que l'air
Et leurs chansons
Et leurs couplets,
Quelques goélands
Ornement de la proue
Des étoiles nacrées
Pour préciser les mesures...
Et toute la vie,
Toute ma vie
Pour atteindre l'ailleurs
Du poète qui disait: PARTIR.
Arwen G.


Créer un blog




